Avant de chercher une panne, vérifiez que vous comparez ce qui est comparable. C’est l’erreur numéro un : comparer sa production au mois précédent. En octobre, on produit forcément moins qu’en août — ce n’est pas une panne, c’est le calendrier. La seule comparaison qui a du sens est celle avec le même mois de l’année précédente. Si l’écart dépasse 10 à 15 % à conditions comparables, alors il y a quelque chose à chercher.
Voici les six causes, dans l’ordre où il faut les examiner — de la plus fréquente à la plus rare.
1. Une haie ou un arbre qui a grandi
C’est la cause la plus fréquente sur un carport, et la plus invisible — parce qu’elle est progressive. Une haie de thuyas pousse d’environ trente centimètres par an. En cinq ans, elle a pris un mètre cinquante.
Et là est la spécificité du carport : il est bas. Une installation en toiture, à sept ou huit mètres, ne sera jamais rattrapée par une haie. Votre carport, lui, culmine à trois mètres. Une haie plantée à deux mètres du bord, parfaitement inoffensive à la pose, projette son ombre sur le premier rang de modules quatre ou cinq ans plus tard — d’abord une heure le matin, puis deux, puis toute la matinée d’hiver.
Le signe qui ne trompe pas : la baisse est saisonnière et progressive, plus marquée en hiver quand le soleil est bas. Regardez votre carport depuis le nord-est tôt le matin en janvier — c’est là que ça se voit.
2. Un encrassement localisé
Une poussière uniforme fait perdre quelques pour cent. Une fiente d’oiseau ou une feuille collée fait bien pire : elle crée une ombre opaque sur une portion de cellule, et selon le câblage cela peut pénaliser tout un groupe de modules.
C’est vite vérifié et vite corrigé — voir notre page entretien d’un carport solaire pour la méthode, et surtout pour ce qu’il ne faut pas faire.
3. Un module ou un micro-onduleur en défaut
Si votre installation est équipée de micro-onduleurs, votre application vous montre la production module par module : un module à plat au milieu des autres se repère en dix secondes. C’est l’un des vrais avantages de cette architecture.
Avec un onduleur central, vous voyez la production par chaîne. La baisse est alors moins précise à localiser, mais un écart entre deux chaînes de même orientation est déjà une piste sérieuse.
4. Un défaut d’onduleur
L’onduleur est la pièce d’usure de l’installation, et la plus susceptible d’être remplacée au cours de sa vie. Un ventilateur encrassé, une surchauffe en été, un condensateur fatigué : la production baisse sans que rien ne s’arrête.
Regardez ses voyants et les messages de l’application. Un onduleur qui limite sa puissance à cause de la température affiche généralement un code — et le problème peut simplement venir d’une ventilation obstruée autour du boîtier.
5. Une protection déclenchée
Le cas le plus bête, et il arrive : un disjoncteur ou un parafoudre déclenché après un orage, une coupure réseau mal reprise, ou un dispositif de protection qui a fait son travail sans que personne ne s’en aperçoive. La production ne baisse pas — elle s’arrête, ou une partie s’arrête.
Si la baisse est brutale et date d’un jour précis, c’est la première chose à regarder.
6. Le vieillissement — et pourquoi ce n’est presque jamais ça
Les modules perdent environ 0,35 % de puissance par an. Autrement dit : 3,5 % après dix ans. C’est réel, c’est prévu par les garanties fabricant, et c’est parfaitement invisible d’une année sur l’autre.
Donc si vous constatez une baisse de 20 % en deux ans, ce n’est pas le vieillissement. C’est l’une des cinq causes précédentes.
Et si tout va bien mais que la facture monte quand même
C’est un cas fréquent qu’on confond avec une panne. Votre production n’a pas bougé, mais votre autoconsommation a changé : nouveau véhicule électrique, télétravail arrêté, pompe à chaleur installée. Vous produisez autant, vous consommez différemment, et le tarif de reprise de votre surplus n’a rien à voir avec le prix auquel vous rachetez l’électricité le soir.
Dans ce cas, la réponse n’est pas une réparation mais un rééquilibrage : batterie de stockage, pilotage de la borne de recharge, décalage du chauffe-eau.
La méthode, dans l’ordre
- Comparer au même mois de l’année précédente, pas au mois dernier.
- La baisse est-elle brutale (un jour précis) ou progressive ? Brutale : protection, onduleur, module. Progressive : ombrage ou encrassement.
- Regarder la production module par module ou par chaîne.
- Aller voir le carport le matin en hiver — c’est là que les ombres portées se révèlent.
- Inspecter le verre et les gouttières.
- Si rien n’explique l’écart, appeler.
Questions fréquentes
Quelle baisse est normale d’une année à l’autre ?
Une variation de quelques pour cent est normale : deux années ne se ressemblent jamais en ensoleillement. Au-delà de 10 à 15 % à conditions comparables, cherchez.
La neige fait-elle baisser la production ?
Oui, tant qu’elle couvre les modules — mais elle glisse ou fond vite sur un verre lisse et incliné. Et il ne faut surtout pas gratter.
Puis-je couper la haie moi-même ?
Si elle est chez vous, oui. Si elle est chez le voisin, les distances et hauteurs de plantation sont réglementées et cela se discute — c’est l’un des points qu’on regarde à l’implantation, justement pour l’éviter.
Comment savoir si un module est cassé sans monter ?
Par la production, pas par l’œil. Une micro-fissure ne se voit pas depuis le sol mais se lit dans les chiffres. C’est aussi pourquoi il vaut la peine de regarder son application une fois par mois.
Un doute sur votre installation ?
Nous restons joignables après la pose. Décrivez-nous ce que vous observez — brutal ou progressif, et depuis quand — c’est souvent suffisant pour orienter le diagnostic sans déplacement.
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